Le risque d’un monde apocalyptique qu’il faut éviter

En 2020, de  grandes questions  interpellent l’humanité, qui  jusqu’alors ne se posaient pas. Ces dernières années nous avons eu dans le monde occidental et particulièrement en France un débat sur la transgénèse, sur la bio éthique, sur la procréation en général, sur la fin de vie….Bien ou mal, nous avons fait adopter des lois afin d’avoir un contrôle éthique…

 

Peu de responsables politiques nous parlent d’une autre  science qui pour le moment est sans conscience, qui se développe insidieusement mais sûrement, sans aucun contrôle, et qui, à terme, conduit le monde à une prise de risques considérables, je veux parler de l’intelligence artificielle.

Sur cette question cruciale, il devient  impérieux d’avoir une réflexion et de légiférer au niveau des pays, des états, et peut-être sur certains continents des entités économiques autres.

L’intelligence artificielle, c’est le deuxième étage de la fusée robotique de première génération.

Je ne parlerais pas de la catastrophe que va causer l’intégration à outrance dans le monde du travail des robots destinés à produire plus à moindre coût. Nous y sommes déjà avec en gros 250 millions d’emplois perdus dans le monde d’ici une dizaine d’années, alors qu’à vision de trente ans la population mondiale va s’accroître de deux milliards d’habitants supplémentaires  majoritairement dans des régions pauvres et sans pouvoir d’achat !!!

Demain, à quoi servira une production mondiale maximalisée, si en contrepartie les habitants ont perdus leur travail et leur pouvoirs d’achat, y compris et surtout dans les pays industrialisés ?

L’équation est insoluble en la circonstance. Nous ne sommes plus dans l’acceptation de la robotique pour alléger le travail de l’homme, mais dans un investissement cupide, portant en lui-même les germes de sa propre destruction…

En effet, le domaine de prédilection de cette intelligence artificielle se trouve pour le moment dans la production industrielle de produits et de services. Finalement il n’y a  aujourd’hui qu’un seul secteur épargné, une certaine forme d’artisanat authentique, car pour l’autre artisanat usurpateur, c'est-à-dire l’artisanat qui triche, celui-ci est déjà pénétré par l’industrie…

Au final, personne n’est objectivement capable de nous dire quels seront ces nouveaux métiers de demain qui seront pris par les personnes remplacées par les robots, ni surtout de les quantifier. Pire, on nous cache le fait qu’il va falloir être très instruits pour accéder à ces nouveaux emplois. Nous savons par ailleurs qu’une grande partie des scolaires qui entrent dans le monde du travail ne peuvent pas  en l’état accéder à ces nouveaux emplois… Cette population là pour le moment est certaines de rester sur le carreau !!!

Après la guerre de 39-45, des hommes courageux ont tracés une perspective à trente / quarante ans  pour dire  plus de guerre,  plus jamais ça en Europe, et depuis lors nous n’avons pas eu de guerre en Europe de l’ouest. Aujourd’hui, quelle est la vision politique de nos responsables  à trente ou quarante ans ? Il n’y en a pas !

On parle du climat, c’est très important, mais avec l’augmentation de la population mondiale, mise en corrélation avec la baisse des emplois dûe à la robotisation, le risque de ne plus pouvoir   nourrir sa famille honorablement va devenir réel dans bien des régions du monde déjà très pauvres, mais pas seulement. Nos systèmes de valeurs vont en être ébranlés, pires, les risques d’instabilité et de guerres civiles vont s’ajouter aux autres problématiques sociétales existantes.

Dans ces risques d’extrêmes tensions internationales où les hommes et femmes lutteront non pas pour vivre mais pour survivre, le monde, après s’être engagé dans une libéralisation à tout va, risque alors de se tourner vers un protectionnisme dévastateur. Mais il y a un risque encore plus grand ; supposons un instant qu’à la vitesse où vont les choses, que l’intelligence artificielle, finissent elle-même par créer de nouvelles formes d’intelligence, presque autonomes, et que toute cette connaissance aille dans les mains de dictateurs, de fanatiques, de manipulateurs ou autres milliardaires malfaisants, à l’instar du nucléaire actuel…, qu’adviendrait’il alors de notre système financier, de nos richesses et placements, assurances vie ou autres, qu’adviendrait’il de certaines monnaies des états ? La pénétration dans toutes les banques de données les plus sécurisées par des robots à intelligence décuplée associée à des algorithmes super puissants auraient alors des conséquences cataclysmiques….

De cela, de nos jours, il n’en est  pas suffisamment question. Pourtant cette orientation néfaste est déjà prise, il suffit d’observer les manipulations de cours en bourse  par des algorithmes pas toujours légalement orientés.

Le pire n’est jamais sûr, fort heureusement, mais pour cela il faut réagir et agir en hommes et femmes de bon sens.

Moi qui suis artisan boulanger, qui n’ai pas fait d’études, je me dis qu’au fond, peut-être qu’un des seuls secteurs qui va sortir son épingle du jeu, c’est précisément l’artisanat alimentaire de qualité et de proximité. Car quel que soit le contexte, il faudra continuer à s’alimenter… le blé peut venir du champ d’à côté, à condition de ne pas vendre toutes nos terres à  l’étranger. Pour nous, boulangers, et plus largement pour nous, artisans, il est  essentiel  de concevoir le futur de notre secteur économique dans cette évolution contrôlée. Là encore la nécessité de légiférer est patente.

De tous temps, l’homme légitimement a cherché le progrès, aujourd’hui encore ce progrès est possible, c’est une question de volonté.  Mais il n’y a pas de progrès sans règles et sans interdits acceptées par le plus grand nombre. Il devient donc impératif de créer un cadre juridique et éthique sur ces questions.

 

 

Auteur : Amandio Pimenta

Meilleur Ouvrier de France 1994, Maître Artisan Boulanger Pâtissier, Vainqueur de la Première Coupe du Monde de la Boulangerie 1992, Lauréat de la Création de l'Entreprise.

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