L’internationalisation des formations supérieures aux métiers chez les Compagnons du Devoir

Face à la mondialisation de l'emploi et à l'évolution des métiers, les Compagnons du Devoir intègrent aujourd'hui une année à l'étranger dans leur Tour de France. Une dimension nécessaire qui renforce l'employabilité des jeunes et favorise l'export du savoir-faire français. Dans le cadre de cette ouverture à l'international, les Compagnons du Devoir et la Caisse des Français de l'Étranger (CFE), en collaboration avec la Matmut, la Mutuelle du Ralliement et IMA (Inter Mutuelles Assistance) ont ainsi conclu un accord pour proposer un contrat pour la protection sociale des étudiants à l'étranger.

 

Pionniers de l’apprentissage en alternance et de la mobilité professionnelle, les Compagnons du Devoir proposent depuis 2011 aux jeunes de 18 à 25 ans d’intégrer la Grande École des Métiers pour préparer, après leur CAP, des diplômes de formation supérieure comme la licence. Ces diplômes post-bac sont un passeport pour obtenir rapidement des responsabilités dans le monde professionnel. La mobilité étant depuis des temps ancestraux une méthode de formation très fructueuse pour les Compagnons du Devoir, ils invitent les jeunes à effectuer au minimum une année de formation à l’étranger. Pas moins de 46 pays les accueillent actuellement, leur permettant ainsi de maîtriser une deuxième, voire une troisième langue, compétence indispensable aujourd’hui pour une carrière réussie. Depuis février 2011, l’année de formation à l’étranger a été intégrée au cursus de tous les jeunes du Tour de France.

 

Une réponse aux attentes des employeurs étrangers

Le Tour de France des Compagnons du Devoir implique un changement d’employeur tous les six mois ou tous les ans, permettant aux jeunes d’acquérir une grande flexibilité. Au bout de plusieurs étapes de leur voyage professionnel, ceux-ci ont l’habitude de prendre en charge leurs nouvelles missions très rapidement, en accord avec les attentes des entreprises d’accueil. Pour aider les jeunes à s’intégrer au mieux, les Compagnons du Devoir proposent des cours de langue aux jeunes partant travailler à l’étranger. Cette mesure leur permet d’acquérir un niveau suffisant pour s’exprimer. Ils développent ainsi une adaptabilité remarquable et deviennent des profils recherchés par les entreprises étrangères ou françaises évoluant à l’international.

 

Un savoir-faire qui s’exporte

La France exporte son savoir-faire dans le domaine des métiers de la mode et du textile. Les formations aux métiers du bois et de la pierre (ébéniste, marbrier, …) sont reconnues mondialement. Les métiers de bouche (chocolatier, boulanger, pâtissier), représentés par de très grands noms, concourent au prestige international de notre pays.
Éric Kayser, Compagnon boulanger, a créé ses propres boutiques en France mais aussi à l’étranger dans de grandes capitales comme Tokyo, Taipei, Moscou, Kiev, Beyrouth, Dubai, Athènes, … Mondialement reconnu pour la qualité de ses produits, il est un ambassadeur du savoir-faire français à l’international.

 

Il n’est pas le seul Compagnon à s’être fait un nom et une place de choix dans son domaine. L’entreprise “Les Métalliers Champenois” a été créée par une équipe issue de la formation des Compagnons du Devoir. Grâce à leur savoir-faire de qualité, ils ont été appelés à l’étranger pour de nombreux travaux de restauration, notamment la flamme de la statue de la Liberté à New York.

 

Témoignages de jeunes en formation à l’étranger :

« Mon expérience en Allemagne m’a beaucoup plu car j’ai découvert un autre mode de travail, d’autres mentalités, et j’ai particulièrement apprécié la façon dont j’ai été accueilli dès le début. Maintenant j’ai des amis avec lesquels je garderai contact. » Valentin Bonin, Aspirant pâtissier, 1 an en Allemagne

 

Témoignages d’entrepreneurs basés à l’international :

« Mon expérience en tant qu’employeur concernant les jeunes professionnels des Compagnons du Devoir est très positive. Ce sont de bons travailleurs et cette expérience est très intéressante pour eux, cela leur permet d’approfondir leurs connaissances. » Rolf Stavset, Chef de l’entreprise Stavset Bygg en Norvège.

« Je trouve qu’une expérience de travail à l’étranger est très bénéfique ; mon équipe et moi même avons été très privilégiés d’avoir pu travailler avec vos Compagnons qui ont bien voulu partager leurs connaissances avec nous. »
Robert Bok, Chef pâtissier à Skycity, Nouvelle-Zélande.

 

La protection sociale des jeunes expatriés

Le rôle de la CFE et son engagement auprès des jeunes :

Le rôle de la CFE est d’assurer et de protéger les Français établis hors de France car, aspect méconnu, il suffit de quitter la France pour perdre ses droits à la Sécurité sociale française. Sans couverture sociale, à l’étranger, les frais d’hospitalisation, les consultations médicales, ou encore les suites d’un accident du travail devront être payés sur place. Parallèlement, en cas de retour en France, l’expatrié s’expose à un délai de carence (période sans Sécurité sociale). Sans remboursement, les dépenses de santé peuvent être difficiles à gérer. C’est pour cette raison que la Caisse des Français de l’Étranger a été créée.

Chez les jeunes en partance vers l’étranger, les profils sont variés mais la majorité des adhérents de moins de 30 ans sont des salariés (58%), suivis de près par les étudiants (25%). La CFE permet à ces différents profils de conserver leur Sécurité sociale. Elle mène depuis plusieurs années une politique de développement vis-à-vis des jeunes (produits d’assurance dédiés, campagne de sensibilisation, information auprès des grandes écoles et des universités – HEC notamment), car cette population n’est pas toujours la plus sensible aux questions de protection sociale. Les efforts de la CFE pour la toucher ont néanmoins permis d’augmenter de 44% la part des 18/30 ans dans les effectifs d’adhérents, entre 2007 et 2011. Près de 20 000 expatriés de moins de 30 ans sont aujourd’hui assurés pas la CFE.

La CFE propose également des cotisations d’assurance maladie réduites pour les moins de 30 ans, les étudiants et les jeunes partant dans le cadre d’un visa vacances travail, afin que le coût ne soit pas une raison de partir sans protection sociale.

 

Lien sur site : www.compagnons-du-devoir.com

Auteur : Gérard SABY

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