Coup de coeur en forme de coup de gueule !

L’apprentissage menacé ? Que nous réservent les nouvelles mesures gouvernementales sur l’apprentissage ?
Avec la fin des aides à l’embauche des apprentis…fini les «zéro charges» et la prime de 1800? Madame Nadine Morano, notre nouvelle Ministre en charge de l’apprentissage, a annoncé lors de son déplacement en Allemagne le 14 décembre dernier qu’il y aura 800 000 apprentis en France en 2015. Et que, en revanche, une remise à plat du soutien à l’apprentissage était à prévoir.En effet, « les aides à l’embauche qui avaient été mises en place depuis de nombreuses années afin d’inciter les entreprises de moins de 50 salariés - et par conséquent les professionnels Maîtres d’Apprentissage à former et à transmettre leur savoir-faire - ne seront pas reconduites. » La raison ?«Nous sommes maintenant dans un contexte de sortie de crise, donc il nous faut adapter nos réponses d’accompagnement des entreprises. »
Il est bon de rappeler que ces aides permettaient à bon nombre de petites entreprises de former des jeunes à un métier manuel sans pénaliser les PME du temps passé à la formation. Car il faut savoir qu’un apprenti ne peut produire - il est là pour apprendre - et qu’une attention constante est nécessaire afin de réussir sa formation en alternance. Beaucoup d’interrogations se font sentir chez les responsables des PME et d’entreprises artisanales. Une «sortie de crise » ? Une «relance de l’économie » ? Cela se verrait ! Le pouvoir d’achat des Français serait revenu au beau fixe et de ce fait, les commerces de proximité en auraient les retours et les bénéfices, ce qui motiverait le désengagement de l’Etat… c’est un comble !!!!
Allons, chère Madame la Ministre, nous comprenons que l’Etat fasse des économies mais pas n’importe comment. Il se désengage de toutes ses responsabilités, il n’y a qu’à voir le service public ! Vous préparez les élections, mais de grâce restez les pieds sur terre, nous vivons au quotidien les problèmes de nos concitoyens et vos mesures draconiennes ne feront que rajouter des problèmes aux petites entreprises qui font le maximum pour conserver leurs salariés à temps plein, contrairement aux grandes chaînes qui imposent à leurs salariés des temps partiel sur la base de 22 heures par semaine.
Sachez-le, aujourd’hui, les PME continuent à former des apprentis, malgré les contraintes, le manque de motivation, et les absences répétées mais payées par l’entreprise, alors de grâce... En conséquence, avant de faire des annonces veuillez entendre les représentants des PME concernées par la formation en apprentissage, car oui, comme le dit Monsieur Xavier Bertrand, ministre du Travail, « l’alternance, c’est la voie de l’avenir, c’est la meilleure solution pour qu’un jeune trouve un emploi » … mais pas à n’importe quel prix !
Les organisations professionnelles sont capables de vous indiquer des pistes favorables à l’apprentissage. Exemple : la revalorisation des métiers manuels dans les écoles, une meilleure orientation dans le parcours scolaire, une rémunération des apprentis par rapport à leur temps de présence dans l’entreprise, etc. Soit plein de mesures incitatives pour responsabiliser les jeunes et les motiver, avec un vrai profil de carrière.
Dans ces conditions, oui, nous pourrons prétendre à faire presque comme nos voisins Allemands avec 60 % d’entreprises qui embauchent des apprentis afin que nos seniors transmettent leur savoir-faire et leurs compétences.
A bon entendeur !
Signé : un artisan francilien
Nous gardons et respectons la demande de l’auteur de ce « papier » qui est de ne pas publier ses coordonnées (disponibles sur demande   conditions). Droit de réponse accordé.



Auteur : Gérard SABY

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