La farine Fleur d’Ajonc joue la carte de l’identité régionale

Le meunier Yvon Foricher renoue avec ses racines bretonnes. Pour sa farine «Fleur d’Ajonc» dernière nouveauté à son catalogue, il a créé une filière d’ancrage régional et remis au goût du jour un pain ancestral.

 

C’est au salon Breizh Pro Expo, qui s’est déroulé les 13 et 14 octobre derniers à Brest, qu’Yvon  Foricher, meunier breton de 7ème génération, a lancé sa nouvelle farine «Fleur d’Ajonc». Un projet ambitieux d’approche globale, cristallisant un ensemble de savoir faire, depuis celui des agriculteurs aux artisans boulangers.

Le lieu choisi n’était pas anodin: cette T80 (sans additifs, améliorants ni ajouts de gluten), est à 100% issue de blés bretons cultivés au Pays des Abers, dans le nord Finistère. La période non plus: récolté fin juillet, le blé avait été écrasé et ensaché dans la foulée, pour être présenté lors du salon.

Pourquoi avoir choisi le nom de Fleur d’Ajonc? En s’inspirant de l’arbuste emblème de la Bretagne (qui très apprécié par les boulangers pour chauffer leurs fours), Foricher apporte une signature forte en identité et, c’est à souligner, un logo au graphisme de belle esthétique.

 

Une farine et une filière d’agriculteurs.

Le facteur déclenchant est venu il y a trois ans, par la rencontre du meunier avec Majan Laot, jeune agriculteur finistérien, très investi dans la démarche environnementale. Yvon Foricher lui, n’avait jamais oublié ce que lui disait son père sur le bon blé qui pouvait s’obtenir dans le Finistère, mais aux récoltes aléatoires selon les années. Le projet de cultiver et de valoriser le blé est lancé «un alignement des planètes qui est aussi lié à l’expérience» comme le dit Yvon Foricher en souriant. Majan Laot y voit aussi l’intérêt d’une diversification. Afin d’obtenir un potentiel de 300 à 400 tonnes, le projet s’élargit à d’autres agriculteurs en zones limitrophes et le retour d’expérience affine le cahier des charges. «Faire bouger les lignes du blé dans le Finistère entre dans nos valeurs. Nous avons à cœur d’être dans l’innovation, dans le mouvement, dans la proposition auprès des artisans boulangers, et notre avenir est lié à leur existence» commente Vincent Pavec , directeur de l’entité Foricher Pays des Abers.

 

3e pilier du projet un pain, et la recette du pain plié de Morlaix 

Une mie serrée aux fines alvéoles, une croûte épaisse, un façonnage original, du blé breton et du levain. Le pain plié de Morlaix (centenaire, très apprécié à l’origine par les pêcheurs par ses qualités de conservation), dont Yvon Foricher avait gardé la recette, était idéal pour porter la farine Fleur d’Ajonc : il reflète un savoir faire ancestral et s’inscrit à merveille dans les attentes actuelles. «L’identité d’une région, montrer ce que l’on est capable de faire parle aux consommateurs» conclut Yvon Foricher… Qui espère lui faire dépasser les frontières bretonnes et séduire des artisans boulangers d’autres régions !

A noter que pour travailler ce pain plié de Morlaix, une formation est obligatoire. Elle se déroule en stage d’une journée sur des sites de boulangers partenaires, en groupes de 5,6 personnes.

Visitez foricher.com

Auteur : Gérard SABY

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